VI° Rencontre Internationale des CLM
à Lima (Pérou)


"La foi du coeur au coeur du monde"
 
 

Homélie du père Hans Eidenberger
pour la messe de clôture
(> read it in English!)

Evangile : Mc 4,35 - 41, La tempête sur le lac
((Avec quelques ajouts de l'auteur entre doubles parenthèses))
 
 
> Cliquez ici pour la télécharger au format pdf en français.
> Cliquez ici pour la télécharger au format pdf en anglais.
 
N.B. : La traduction de l'homélie en français n'est pas entièrement satisfaisante. N'hésitez pas à envoyer vos bonnes idées de traduction via le formulaire dans la rubrique "contact". Merci !



Chers amis de la Famille marianiste, chers frères et sœurs !


Je veux remercier mes frères coréens, tout spécialement le père Francis, de m'avoir invité à dire l'homélie. Nous avons des liens communs car des Marianistes d'Autriche ont aussi travaillé de nombreuses années en Corée du Sud.


Oui, nous formons tous une famille. Les quatre branches reflètent la réalité de presque tous les états de vie : religieux/laïque, homme/femme, jeune/vieux, toutes sortes de professions, … notre famille marianiste comprend beaucoup d'états différents. En ceci nous pouvons dire que nous formons les « États-Unis de Chaminade » !


En venant à cette rencontre, nous avons tous vécu différentes expériences de voyage. L’Évangile d'aujourd'hui parle également d'une expérience de voyage. C'est un tour en bateau.


Qu'est-ce qu'une excursion en bateau ? Eh bien, c'est quitter un rivage pour atteindre l'autre. Nous sommes rassemblés maintenant au dernier jour de notre rencontre sur les rivages de Lima et nous sommes aussi sur le point de laisser ce rivage pour partir vers nos « rivages domestiques » : les rivages de nos pays, mais aussi ceux de nos communautés et même ceux des cœurs des gens avec lesquels nous vivons.


Nous avons voyagé ensemble pendant ces jours de rencontre ; nous avons aussi fait d'une certaine façon une balade en bateau marianiste. Il me semble que même la salle de réunion avait la forme d'un bateau. En effet, nous étions assis dans un même bateau marianiste cette semaine.
Maintenant nous devons avancer. Et nous le savons : cette transition entraînera des périodes de secousses et des turbulences. Notre voyage semble même d'autant plus audacieux que nous devons traverser des mers et des océans, tandis que les disciples n'avaient qu'à surmonter ce petit lac de Galilée.



Eh bien, nous avons maintenant une nouvelle équipe internationale avec Capitaine « Félix ». Mais je pense que vous vous souvenez encore des mots de Jack Ventura et donc je veux vous dire : Vous pouvez élire une nouvelle équipe internationale, mais vous ne pouvez pas contrôler la nature ! 
Les tempêtes feront partie de nos vies. Nous devons voir comment les maîtriser.

Regardons la sortie en bateau de Jésus avec son équipage. 
Soyez honnête, quelle est votre première impression de Jésus, dormant sur un coussin tandis que les autres ont mortellement peur ?

Que se passe-t-il ici ? Jésus resterait-t-il dans la zone de confort ? (Je suis sûr que le Pape François n'aimerait pas ça ! (Voir Evangelii Gaudium, § 20 !)

Le message, il me semble, est le suivant : dormir au milieu de la tempête signifie que notre cœur est ancré dans quelque chose de plus profond que simplement un bateau qui tangue ; le cœur de Jésus est ancré dans le cœur de Dieu. L'oreiller est un symbole de sa résidence en Dieu.

Être capable de dormir est très important. Seul celui qui dort aura des rêves ! (Peut-être n'avons-nous pas assez de rêves (audacieux) parce que nous ne dormons pas assez ?)

Nous voici parvenus au moment de passer de notre « voyage extérieur » à notre « voyage intérieur » !


Nous devons, nous aussi, réveiller Jésus de son sommeil - et apporter son rêve de Dieu dans nos vies. Toute tempête est une invitation à éveiller Jésus dans notre bateau (marianiste) !
Nous devons aussi faire ce voyage de la « crainte du cœur » à la « foi du cœur ». 

Une tempête, avec toutes ses turbulences, nous fait perdre notre organisation ; elle nous « désordonne » d'une certaine manière ! Nos vies perdent leur ordre intérieur et leur appartenance confiante. Et la plupart du temps il n'y a qu'une petite distorsion comme le changement de deux lettres dans le mot « sacré » (sacred) qui devient ainsi « effroi » (scared).

Jésus nous invite à faire que notre voyage de foi passe d'un voyage de l' « effroi » à celui du « sacré ». Que nous passions de la « crainte du cœur » à la « foi du cœur ».

((Parfois notre navire de la famille marianiste est rempli de l'eau de crainte. Rappelez-vous les jarres au mariage de Cana. L'eau dans ces récipients a été transformée en vin. Je suppose que nous devrions parfois demander au Seigneur de changer l'eau de crainte en vin de confiance dans les navires de notre voyage marianiste.))

Concernant la foi du cœur laissez-moi parler de quelques « mots-clefs ». 
« Le cœur » se dit en grec : « kardia » et en latin : « cardia » ou « cor ». C'est la racine de « cœur » en français ou de « corazon » en espagnol.

Ces jours-ci beaucoup de données (photos !) ont été enregistrées sur clé USB. Bien sûr, nous voulons garder la trace d'événements importants.
Enregistrement vient du latin : re-cor-dare
re : de nouveau // cor : le cœur // dare : donner

Enregistrer quelque chose signifie l'apporter une deuxième fois à son cœur. Je pense que c'est exactement ce que Marie a fait. Elle a placé les événements cruciaux de sa vie une seconde fois dans son cœur. La foi c'est choisir de donner aux choses de la vie une deuxième chance, une deuxième / une autre place ; leur permettre d'avoir non seulement une place dans la tête mais aussi dans le cœur; re-placer les expériences de sa vie (de la tête) vers le cœur.
Si vous voulez vous rappeler les événements importants de votre voyage avec Dieu, prenez-les dans vos cœurs - une deuxième fois. (Je pense que ceci s'approche beaucoup de ce que le Père Chaminade entendait par « oraison » ou « prière mentale ». Prier à la manière de Marie.)

((C'est assez semblable au re-spect : respecter signifie donner à quelqu'un un deuxième regard - et ne pas se satisfaire du premier coup d’œil. Le respect est un deuxième regard d'appréciation.))

((Vous pouvez penser aux choses suivantes par vous-même :
- Apprendre par cœur.
- Français : je suis d'accord. Je mets mon cœur (à ce que vous dites).
- Croire se dit en latin : credere, qui vient de « cor dare », donner son cœur.
- Miseri-cordias : un cœur qui se sent malheureux.
- Pensez à la façon dont nous comprenons être « correct ». « Parfait » ? Cor-rectus signifie : cœur droit. 
- Et quand nous perdons notre cœur, quand il est rompu, alors nous sommes « corrompus » ! La corruption c'est vivre sans cœur.
- Dé-cor-ation : rendre beau parce que ça vient du cœur))

La tête, bien sûr, est importante pour réfléchir à nos vies, mais en même temps « les pensées sont lâches ». Le courage vient du cœur ! Le courage est composé de deux mots : « cor » et « agere » – le cœur agit. Le cœur devient l'agent !
Je crois qu'en arrivant au centre de la foi du cœur, nous rencontrerons le courage qui nous fait avancer jusqu'aux cœurs des autres.

((Le cœur est le lieu de l'amour qui se donne. Donc : ce qui est aimé est aussi ce qui est cru. Comme le père Chaminade disait : Nous aimons ce que nous croyons. Ceci demeure au cœur de notre être.))

Chères Sœurs et Frères !
Aujourd'hui est notre jour du Magnificat (le thème du jour). Magni-ficare veut dire : rendre grand ! En grec ça se dit : mega-lalein ! Le Magnificat est pour ainsi dire une méga-chanson !
Louer Dieu signifie également accroître et élargir son âme.

Le Magnificat est la chanson de Marie qui magnifie à la fois Dieu et les petits !

Pour rendre un élément grand et formidable, vous avez besoin de lui consacrer de la place et de l'espace.
Parfois notre âme est trop petite pour permettre à Dieu de devenir grand dans nos vies.

Pour revenir à l'évangile : le bateau de notre voyage marianiste est parfois trop rempli de crainte. Nous devons créer de la place pour la foi du cœur.
Seulement alors nous pourrons avancer dans notre voyage de l'effroi au sacré.

Pour le père Chaminade l'aspect de l'incarnation est essentiel dans sa perception de la foi. Il ne suffit pas de penser à notre croyance. Nous devons incarner notre foi dans notre corps.

Donc je veux vous inviter à un petit geste qui peut accompagner notre attitude intérieure.

Il y a trois paires : l'espoir et l'espace, la prière et la main, la foi et le cœur


Bras ouverts, étendus :
Give hope a space. Da un espacio a la esperanza. Donne une place à l’espérance.
Mains en offrande :
Give prayer a hand. Da une mano a la corazón. Donne une main à la prière.
Mains sur le cœur :
Give faith a heart. Da un corazón a la fe. Donne un cœur à la foi.

Chères sœurs et frères !

Chaque réunion a sa fin. La nôtre aussi.
Demain est « le jour d'après » !
Mais demain est aussi le 2 février, le jour de la vie consacrée.
Con-sécration signifie : être avec le sacré, rester fidèle à Dieu !
Alors restons en contact avec Celui qui a sa demeure dans le cœur de Dieu dans toutes les tempêtes : voyageons avec Jésus.

Que votre voyage marianiste soit béni par celui qui mène du rivage du « moi » au rivage du « toi ».
Amen.
 


Revenir en haut de la page.

 

* * * * *

Homily in English


Dear friends in the Marianist Family, dear Sisters and Brothers!


I want to thank my Korean Brothers, especially Fr. Francis, for inviting me to give the homily. We have common bonds since Marianist from Austria were also working many years in South Korea.


Yes, we all form a family. The 4 branches reflect the reality of almost all states of life: religious – lay, male – female, young – old, all kinds of profession, ... many different states are part of our Marianist Family. In this regard we can say that we form the “United states of Chaminade”!


Coming to this meeting, all of us encountered different experiences regarding travelling. The Gospel today also talks about a travelling-experience. It is a boat ride.


What is a boat trip about? Well, to leave one shore in order to reach the other.
We are gathered now on the last day of our meeting at the shores of Lima and we are also about to leave this shore in order to set out for our “home-shores”: to the shores of our countries, but also to those of our communities and even to the shores of the hearts of the people we are living with.


We were travelling together during these days of our meeting; we also had somehow a Marianist boat rid. It seems to me that even the meeting room had the shape of a boat. Indeed, we were sitting in the same Marianist boat this week.
Now we have to move on. And we know: this transition will bring shaky moments and turbulences. Our trip seems to be even more challenging since we have to cross seas and oceans, whereas the disciples only had to get over this little lake of Galilee.


Well, we have a new International Team now with captain “Félix”. But I think you still can remember the words by Jack Ventura, and therefore I want to say: You can elect a new International Team, but you cannot control nature!
Storms will be part of our lives. We have to look how to master them.


Let’s have a look at the boat-ride of Jesus with his crew.
Be honest, what is your first impression about Jesus, sleeping on a cushion while the others are scare to death?


What’s happening here? Is Jesus staying in the comfort zone? (I’m sure, Pope Francis would not like that! See Evangelii Gaudium, # 20!)


The message, it seems to me, goes along this line: To sleep in the midst of the storm means, that one’s heart in anchored in something deeper than just the rocking boat; Jesus’ heart is anchored in God’s heart. The pillow is a symbol of his dwelling in God.
To be able to sleep is very important. Only to one who sleeps will have dreams! (Maybe we don’t have enough (daring) dreams because we don’t sleep enough?)


Now is the point where we shift from our “outer journey” to our “inner journey”!


We, too, have to wake Jesus from his sleep – and bring his dream of God into our lives. Any storm is an invitation to awaken Jesus in our (Marianist) boat!


We also have to make this journey from the “fear of the heart” to the “faith of the heart”.


A storm with its turbulences makes us lose our order; it somehow brings us “out of order”! Our lives lose the trustful inner order of belonging. And most of the time it is just a little bit that gets twisted around – like changing two letters in the word “sacred” and so ending up at “scared”.


Jesus invites us that our faith-journey becomes a journey from the “scared” to the “sacred”. That we move from the “fear of the heart” to the “faith of the heart”.


((Sometimes our vessel of the Marianist Family gets filled up with the water of fear. Remember the jars at the wedding of Cana. The water in those vessels was transformed into wine. I guess we should sometimes ask our Lord to change the water of fear into the wine of trust in the vessels of our Marianist journey.))


Reagrding the faith of the heart let me talk about some “core-words”.
“Heart” means in Greek: “kardia” and in Latin: “cardia” or “cor”. This is the root for the French “coeur” or the Spanish “corason”.


These days many data (photos!) were saved on a memory stick. Of course, we want to keep record of important happenings.
Recording comes from the Latin: re-cor-dare
re: again // cor: heart // dare: to give


To re-cord something means, to take it a second time to your heart. I think, this is exactly what Mary did. She moved crucial events of her life once more in her heart. Faith is a cherishing attitude of giving things in life a second chance, a second / an-other place; allowing them to have not only a place in one’s head but also in one’s heart; to re-place the experiences of one’s life (from the head) to the heart.
If you want to remember important events of your journey with God: take them to heart - a second time. (I think that this comes very close to what Fr. Chaminade meant by “oraison” or “mental prayer”. The Mary-way of praying.)


((It is quite the same with re-spect: Respect means to give someone a second look – and not be satisfied with a first glance impression. Respect is a second look of appreciation.))


((You may think about the following by yourself:

  • Learn by heart
  • French: d’accord: I agree. I put my heart (to what you say).
  • To believe means in Latin: credere, which comes from “cor dare”; to give one’s heart
  • Miseri-cordias: a heart that feels miserable
  • Think about how we understand to be “correct”. Perfect? Cor-rectus means: upright heart.
  • And when we lose our heart, when it gets ruptured; than we are “cor-rupt”! Corruption is living without heart.
  • de-cor-ation: to make beautiful because the it comes from the heart))



The head is, of course, important to reflect about our lives, but at the same time “thoughts are coward”. Courage comes from the heart! Courage is composed by two words: “cor” and “agere" – the core acts. The heart becomes the agent!
I believe when we come to the center of the faith of the heart we will encounter courage that moves us forward (till) to the hearts of the others.


((The heart is the place of giving love. Therefore: The beloved is also the believed. Like Fr. Chaminade said: We love what we believe. This dwells in the core of our being.))


Dear Sisters and Brothers!
Today is our day of the Magnificat (the theme of the day). Magi-ficare means: to make big! In Greek it says: mega-lalein! The Magnificat is so to say a mega-song!
Praising God means at the same time to make one’s soul big and wide.


The Magnificat is Mary’s song of magnifying both God and the little ones!


In order to make something great and big you need room and space for it.
Sometimes our soul is too small to allow God to become big in our lives.


Coming back to the gospel: The boat of our Marianist journey is sometimes too much filled up with fear. We need to create room for the faith of the heart.
Only then we can move on on our journey from the scared to the sacred.


For Fr. Chaminade the aspect of incarnation is essential for his perception of faith. It’s not enough to think about our believe. We have to incarnate our faith into our body.


So I want to invite you to a little gesture that may accompany our inner attitude.


There are three couples: hope and space, prayer and hand, faith and heart.


Open, stretched out arms:
Give hope a space. Da un espacio a la esperanza. Donne une place a l’esperance.
Folded hands:
Give prayer a hand. Da une mano a la oraczón. Donne à la prière une main.
Hands on one’s heart:
Give faith a heart. Da un corazón a la fe. Donne un cœur á la foi.


Dear Sisters and Brothers!


Every meeting has its end. So ours, too.
Tomorrow is “the day after”!
But tomorrow is also February 2nd, the day of consecrated life.
Con-secration means: to be with the sacred, to stick with God!
So let us stay in touch with the one who is at home in the heart of God in all storms – let us travel with Jesus.


May your Marianist journey be blessed by the one who leads from the shore of the “me” to the shore of the “you”.
Amen.
 

Revenir en haut de la page.

 



 
 
Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement