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Une année avec Marie - Edito -N° 491- Octobre 2014
Une année avec Marie,
Quel beau programme ! Quelle belle invitation à revisiter notre vie chrétienne toute entière, notre vie en famille marianiste, invitation aussi à nous interroger, creuser, vivre l’alliance avec Marie.
 
« Trois mots résument le comportement de Marie : écoute, décision, action ; ce sont des mots qui indiquent une route pour nous aussi devant ce que le Seigneur nous demande dans notre vie. »[1] C’est cette méditation du pape François qui nous guide pour notre année.
 
 « Écoute, décision, action » : VFM déclinera un de ces mots chaque trimestre, chacun d’eux exprimant un aspect de la femme qu’est Marie ; trois mots que nous conjuguerons avec trois autres mots chers à nos fondateurs marianistes : « connaître, aimer, servir ».
 
Pour ce mois d’octobre, nous sommes au début de notre itinéraire et nous nous mettons en route avec « Marie, femme de l’écoute » :
 
Nous sommes invités à poser un nouveau regard sur cette jeune fille d’Israël avec Sœur Marie-Luce Baillet, à retrouver de grandes figures de l’écoute du Premier Testament avec Raymonde Kleinhentz, à nous mettre nous-mêmes à l’écoute de la prière de Marie, toute pétrie de l’histoire de son peuple.
 
Nous chercherons comment nos deux fondateurs ont eu « Marie, femme de l’écoute » chevillée au cœur de leur vie avec Didier Lauriaut et Sœur Marie-Joëlle Bec.
 
À la suite de Marie, nous observerons comment l’Eglise se met à l’écoute à l’occasion du synode sur la famille et nous nous demanderons quand et comment nous-mêmes nous nous mettons à l’écoute à partir d’un témoignage.
 
Ce mois d’octobre est propice à la prière en Eglise et en famille marianiste : la prière du mois et la journée mondiale de prière en famille marianiste nous invitent à le vivre.
 
La journée mondiale de prière en famille marianiste, le 12 octobre prochain, ouvre la semaine missionnaire mondiale : il est beau et cela a du sens que ces deux événements soient liés dans le temps. Cela nous rappelle de façon percutante que nos fraternités, petites cellules d’Eglise, appartiennent à une grande famille aux racines communes et aux états de vie différents, famille présente dans le monde entier et appartenant toute entière à l’Eglise universelle. Ne manquons pas les occasions de nous unir et de prier et célébrer ensemble notre foi, de dire et partager ce qui nous fait vivre.
 
Qu’il me soit permis ici de remercier tous ceux qui œuvrent à la réalisation et à la publication de notre revue ; elle nous unit et nous nourrit au fil des mois : elle est précieuse !
Merci également à ceux qui en ce début d’année ont accepté de nouvelles missions dans nos fraternités, nos régions, nos organisations nationale et internationale et à tous ceux qui poursuivent les leurs avec enthousiasme et générosité. Petit ou grand, visible ou discret, chaque service est important, précieux.
 
NOTRE PÈRE
Nous te présentons la famille Marianiste avec ses faiblesses et ses richesses.
Regarde-la avec bonté, car elle est notre mère et notre famille.
Donne-lui ta grâce pour qu’elle se transforme selon ton désir.
 
Qu’elle soit une famille où l’on trouve vie et enthousiasme,
où chacun puisse exprimer ce qu’il ressent et ce qu’il pense, ce qu’il croit et ce qu’il cherche;
une communauté de liberté.
 
Qu’elle soit une famille où l’on écoute avant de parler,
où l’on accueille avant de juger, où l’on pardonne sans jamais condamner, où l’on annonce au lieu de dénoncer;
une communauté de miséricorde.
 
Qu’elle soit une famille où le frère et la soeur les plus simples comprennent ce que l’autre veut dire,
où les responsables bien que très instruits, savent qu’il y a beaucoup de choses qu’ils ignorent et où chacun pourra être lui-même;
une communauté où l’on apprendra la sagesse.
 
Qu’elle soit une famille où l’Esprit Saint pourra toujours être accueilli puisque tout n’aura pas été prévu, ordonné et décidé par avance;
une communauté où l’on pourra grandir en créativité.
 
Qu’elle soit une famille où l’audace pour la nouveauté sera plus forte que l’habitude de faire toujours la même chose;
une communauté qui regarde vers l’avenir.
 
Qu’elle soit une famille où chacun puisse prier dans sa propre langue, s’exprimer selon sa propre culture et se retrouver dans sa propre histoire;
une communauté animée par l’esprit de l’incarnation, de la Pâque et de la Pentecôte.
 
Qu’elle soit une famille dont on dira, en la regardant : "Voyez comme ils s’aiment!" et non pas : "Voyez comme ils sont bien organisés!";
une communauté de vie.
 
Famille Marianiste,
tu es petite mais tu es en train de grandir,
tu es fragile mais pleine d’espérance,
tu doutes parfois mais tu n’en restes pas là.
Lève les yeux et regarde : Jésus et Marie sont toujours avec toi. AMEN.[2]
 
Bonne année à chacun avec Marie !
 
Hélène Carion
Responsable nationale des CLM de France et Belgique
 
[1] Pape François, méditation du 31 mai 2013, à l’occasion de la fête de la Visitation.
[2] Père José María Arnaiz, prêtre marianiste du Chili, prière à l’occasion d’une rencontre des CLM

La foi du Cœur  d’après Guillaume Joseph Chaminade -N° 476- Mars 2013
 
Bien qu’ayant vécu presque toute sa vie durant la période littéraire du romantisme,  le Père Chaminade ne fait pas référence à une foi affective soumise aux aléas des sentiments de notre sensibilité.
Cette conception de la foi s’enracine chez lui au cours de la période révolutionnaire durant laquelle s’écroule toute la religiosité superficielle. Celle-ci imprégnait naturellement la société comme les notions politiques de royauté et de distinction des différentes classes de sujets dans le royaume. Société figée où chacun avait sa place définie depuis sa naissance, ce qui perdurait depuis le Moyen Age.
Dans ce contexte la foi était souvent reléguée par une religiosité superficielle entretenue par un certain clergé « professionnel » qui en vivait et en obtenait son bénéfice.
L’écroulement d’une telle conception de vie sous les coups violents et décisifs des idées et actions révolutionnaires  permit au Père Chaminade de faire l’expérience tout à la fois de la lâcheté de beaucoup de chrétiens et de clercs et de l’héroïcité de beaucoup d’autres allant jusqu’au martyre.
Après l’expérience de l’exil et de la révélation reçue auprès de Notre Dame del Pilar à Saragosse, à son retour en France, Chaminade au contact de jeunes plus en plus nombreux jeunes voulant vivre leur foi malgré leur ignorance, va développer une spiritualité du témoignage incarné et vivant qu’il nommera « la foi du cœur ».
Le terme « Foi du Cœur », Chaminade l’emprunte à St Paul dans son épître aux Romains 10/9-10 : « Si de ta bouche, tu confesse que Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. En effet croire dans son cœur conduit à la justice et confesser de sa bouche conduit au salut. ».
La foi est une vertu enracinée en nous par le baptême qui y sème en nos cœurs la vie de Jésus Christ.
La foi du Cœur est une disposition volontaire qui pousse à la contemplation, à la communion avec la révélation du plan de Dieu sur nous et le monde. Elle nous amène à l’action pour coopérer à l’édification du Règne de Dieu construire son histoire vivante dans notre temps.
Elle découle directement de la foi du Peuple de Dieu et de son histoire vivante, elle nous pousse à croire et à tout faire dans son amour c’est-à-dire sons l’impulsion du Saint Esprit.
Son incarnation humaine se découvre chez la Sainte Vierge Marie qui manifeste la foi des « craignant Dieu » qui est la foi de l’Eglise.
La foi du cœur nécessite :
  • Une bonne connaissance de la Révélation et donc une fréquentation assidue de la Bible et de ses fondements.
  • une adhésion à la Révélation de tout son être : intelligence, volonté et affectivité
  • Un respect de tous ceux qui nous entourent et de tous nos frères et sœurs en humanité
  • Un désir constant de témoigner de l’amour qui nous est donné et qui est offert à tout homme
  • Etre prêt à rester fidèle en toute circonstance
  • Vivre cet amour en Eglise, lieu de ressourcement et d’envoi vers nos frères humains sous le souffle de l’Esprit.
Le modèle de la foi du Cœur reste incarné par Marie icône de l’Eglise.

                                                              Didier Lauriaut - membre des clm -région est-


Evangéliser dans la joie
                 -N° 476 - Mars 2013  

 
Le christianisme est aujourd’hui en accusation. Certains pensent que la religion chrétienne travaille à la haine du plaisir, cultive la pulsion de mort et maintient les hommes dans la peur, la frustration et la tristesse. Pour nous  chrétiens, c’est tout le contraire. La foi en Dieu est intimement liée à la joie. Il suffit d’ouvrir la Bible  pour constater que l’Ancien et le Nouveau Testament sont traversés par des festins, par des chants d’allégresse et des hymnes de louange.
L’histoire du Peuple d’Israël est une suite de libérations, de nouveaux départs, de résurrections qui sont pleinement accomplies dans la Pâque du Christ. Chaque chrétien est lui-même invité à entrer dans l'Amitié divine, à passer de la mort à la Vie, de la haine à l’Amour, de la tristesse à la Joie.
 
Dans un monde souvent marqué par la tristesse et les inquiétudes, la joie est un témoignage important de la beauté de la foi chrétienne. Notre joie ne fait pas fi de la souffrance et du mal. La joie chrétienne n’est pas une euphorie. C’est une joie humaine, fragile, vécue au jour le jour, au milieu des épreuves, avec les autres, auprès des autres, une joie qui traverse les déserts, les tempêtes, au coeur de la vraie vie avec ses hauts et ses bas. .  
 
Nous venons de participer à la joie de Noël et d’accueillir le Fils de Dieu. Les enfants ont vécu  dans la joie cette période de fête. Certes, les événements du monde peuvent étouffer notre sérénité. Mais la Bonne Nouvelle nous permet de sortir des fausses fêtes pour accepter d'être un enfant, de grandir, d'être inachevé, de progresser, de tout recevoir. .« Laissez-moi vous le redire, écrit saint Paul, « soyez dans la joie, ne soyez inquiet de rien mais en toute circonstance dans l’action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ » (Ph 4, 4-7).
 
Notre cœur est fait pour la joie.  L’aspiration à la joie est imprimée dans le cœur de l’homme. Chaque jour, nombreuses sont les joies, les joies simples que le Seigneur nous offre : joie de vivre,  joie face à la beauté de la nature, joie du travail bien fait, joie du service, joie de l’amour sincère et pur, joie de la conversion, joie dans les épreuves. 
La fête nous est nécessaire car elle est cette surabondance qui dit qu'on ne mourra pas.
Un psaume dit : « Mets ta joie dans le Seigneur, il comblera les désirs de ton cœur » (ps 36,4)
 
Je crois que vivre en chrétien, 
 - c’est vivre selon la justice, « ne rien exiger de plus que ce qui nous est fixé » (Lc 3, 13), 
 - c’est vivre de la joie du partage, « celui qui a deux vêtements qu’il partage avec celui qui n’en n’a pas, et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » (Lc 3, 11)
 - c'est vivre dans le respect de l’autre, « ne faire ni violence ni tort à personne » (Lc 3, 14).  
 Vivre, c'est faire vivre tout simplement.

Soyez témoins de la joie! Que la vierge Marie vous introduise dans cette joie que nul ne pourra vous ravir !
                                                                    
 
                                     Père Louines Plaisir,
                                     religieux haïtien de la Congrégation de Saint Jacques
                                     curé dans le Val de Marne


 Fais grandir en nous la foi 
-N° 475 - Février 2013

 
La foi est l’une des trois vertus théologales. André Fétis explique : «Les vertus ont celles qui nous unissent  à la vie même de Dieu, celles qui nous rapprochent le plus directement de Dieu. Elles sont avant tout un don de Dieu, même si nous les développons par leur exercice. Tandis que nous sommes encore en chemin, il n’y a pas d’aide plus puissante pour avancer vers Dieu que d’être animés par la foi et l’espérance, et bien sûr aussi, par la charité » (Conférence du 28 octobre 2011- Assises Marianistes). Par ailleurs, il est rapporté que lors de ses visites aux communautés, une question fréquente que faisait le Père Chaminade était « comment va la foi ? »
 
Comment va notre foi ?
 
Nous pouvons dire, selon les moments de notre vie, qu’elle est notre appui ou qu’elle vacille. Nous disons même parfois que nous « avons » la foi, comme si nous possédions ce qui est en réalité un don, reçu le jour de notre Baptême. Elle est donc, au point de départ, un changement dans notre vie. Par l’Esprit du Christ ressuscité, grâce à sa vie en nous, nous pouvons dire « Abba », « Père », comme acte de foi absolu, confiants parce que dans la profonde certitude d’être aimés et dans la joie d’être « enfant de Dieu ».
 
            La foi, comme un trésor déposé dans « nos vases d’argile », devient, au fil des jours, un trésor dont il faut prendre soin. Elle devient ainsi engagement de toute une vie puisqu’elle sollicite ce que nous avons de plus précieux et infiniment respecté par Dieu : notre liberté. Elle devient découverte de l’amour de Dieu révélé en Jésus Christ et désir de mettre nos pas dans les pas de Jésus. La foi en Jésus Christ est une expérience spirituelle que l’Esprit nous donne de faire : « Personne ne peut dire ‘Jésus est Seigneur’ si ce n’est dans  l’Esprit Saint » (1 Cor, 12,3). La foi, c’est aussi et surtout, au cœur de notre vie, la rencontre du Christ ressuscité, de Celui qui est la vie et qui donne la Vie. Pourquoi alors réduire la foi chrétienne à une doctrine, une morale, une pratique ? Si la foi est rencontre, elle est alors surtout relation avec Celui qui nous donne l’être et la vie. Pour cette raison, Paul affirmera « j’ai tout quitté à cause du Christ » (Phil). Par la foi, à l’exemple de Paul, nous avons la possibilité de vivre une vie nouvelle par l’Esprit. La relation avec le Christ est marquée par la force dynamique de la Résurrection du Christ. C’est ainsi faire l’expérience qu’il est vivant en nous aujourd’hui. Dans cette dynamique, une véritable expérience de foi se réalise. Elle dépend de notre volonté, de notre liberté, face à un don et à une présence immuable, fidèle dans notre vie.
 
De fait, chaque moment passé dans le silence du cœur, le recueillement et la prière, devient moment de relation vraie avec Jésus, fondé sur le désir du dialogue et de la communion. Pourquoi hésiter à lui parler, à lui dire notre vie, dans ses joies, ses peines, ses difficultés ? Lui confier est déjà un acte de foi. Lui confier pour qu’il nous aide à vivre est une façon de faire grandir notre foi. La méditation assidue de la Parole de Dieu nous mène à la rencontre d’hommes et de femmes comme nous en chemin d’humanité. Avec Abraham, Moïse, Pierre, Paul et bien d’autres, nous apprenons à marcher patiemment et courageusement, en nous laissant conduire par Dieu sur des chemins parfois inconnus ou audacieux. Notre foi n’en est-elle pas plus grande ?
 
            Le Seigneur nous a promis qu’il ne nous laisserait pas seuls. Son Esprit nous révèle sa présence et la vivifie en nous. Il réalise dans les Sacrements ce qui nous semble le plus mystérieux : sa Présence Réelle, qui nourrit (l’Eucharistie), qui pardonne (le Sacrement du Pardon et de la Réconciliation), qui donne la force (le Sacrement des malades). Soyons certains que ces moments privilégiés de rencontre nourrissent et fortifient notre foi. Ils opèrent en nous progressivement, mystérieusement, pour faire de nous des Vivants.
 
L’Eglise, la communauté, deviennent ainsi un endroit privilégié d’expérience de foi. Nous en sommes tellement convaincus en famille marianiste qu’il s’agit de notre forme naturelle de vivre la foi en communauté, comme une intuition forte et propre du charisme. Alors en Eglise, en fraternité, n’hésitons pas à « nous déterminer nous-mêmes comme des croyants qui se fient aux promesses de Dieu, à la fidélité du Christ, à la force de l’Esprit » (André Fétis –Conférence du 28 octobre 2011-Assises Marianistes). Croyons aussi que ce choix changera notre façon de voir le monde et mettra en nous le désir  de contribuer à le rendre plus beau.
 
            Marie avait mis son espérance en la loi de Dieu, et attendait, comme beaucoup, le Messie promis comme libérateur et Sauveur de son peuple. A l’annonciation, Marie voit tout impossible.  Puis elle comprend que quelque chose de vraiment grand, qui la dépasse complètement, va arriver. En un moment, elle dit « oui » et sa parole résonne convaincue, en acceptant le mystère et en le recevant dans l’abandon, l’humilité et la confiance. Son adhésion ne s’est pas fait attendre. Et si c’était cela « la foi » ?
            La foi se vit. Marie l’a vécu dans sa chair en mettant au monde le Sauveur.
 
« Oui, Seigneur, nous croyons… fais grandir en nous la foi ! »
 
 
Béatrice Leblanc –Fraternité de Sucy en Brie
 Responsable nationale des CLM France-Belgique

 
 
 

 


 



 
 
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